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Le Club des Epargnants

Société Générale et Kerviel

21 Mai 2015 , Rédigé par Eric Wallez Publié dans #Finance

Il en aura fallu du temps pour comprendre ce que n’importe quel banquier ou employé de banquier savait depuis le départ.

Évidemment, la Société Générale ne pouvait pas ignorer les agissements de son trader Jérôme Kerviel.

Pourquoi ? C'est très simple.

Dans n’importe quel système où vous avez de l’argent en jeu, aucun salarié n’est en mesure de faire des opérations seul. Il faut toujours des contrôles ou des validations.

Il y a des contrôles, des contrôleurs, des auditeurs, des inspecteurs.

Il y a des kilos de papiers qui remplissent des classeurs entiers de procédures.

Il y a des hiérarchies.

Il y a ce que les experts comptables ou les commissaires aux comptes nomment pompeusement la « circularisation ». C’est une procédure de contrôle qui fait s’adresser aux tiers de l’entreprise pour savoir si eux, comme l’entreprise que vous vérifiez, ont la même information.

Par exemple, vous expliquez à votre expert comptable avoir 20 clients qui vous doivent beaucoup d'euros chacun. Ces créances à venir sont-elles vraies ou fausses ? Il suffit d’écrire à ces clients pour leur demander confirmation. S’ils infirment tous devoir ces sommes, alors il y a fort à parier que vous êtes face à un cas de fraude massive.

Les opérations de marchés

Depuis le départ, on sait que certaines contreparties ont contacté la Société Générale. Que lui ont-elles demandé ? Simplement s'ils étaient bien informés des milliards d'euros qu'ils avaient pris sur leurs positions et qu'ensuite s'ils étaient bien conscients de devoir leur régler en cas de pertes. A ces montants là, cela semble légitime.

Il y avait aussi les chambres de compensation qui voyaient bien les flux et certains engagements de la Société Générale.

Nous devons bien comprendre que dissimuler de telles informations et de tels montants c’est tout simplement impossible.

Si on pense malgré tout que c’est possible, il faut alors en tirer la seule conclusion intellectuellement honnête qui s’impose : les défauts de contrôle sont massifs. S’ils sont massifs à ce point alors, dans quelle mesure votre argent est-il en sécurité ?

Nous traiterons dans un prochain article des sécurités bancaires.

L’incompétence à la Société Générale avait-elle atteint un niveau tel que personne n’était en mesure de contrôler et de surveiller les agissements d’un traders dont la position représentait environ 50 milliards d’euros ?

La fausse découverte…

Très sincèrement , je suis assez sceptique sur cette agitation soudaine et sur la mise en cause de la Société Générale qui, finalement, aurait été au courant et aurait caché des choses à l’enquêtrice de police…

Je ne veux en aucun cas être désagréable vis-à-vis de cette policière qui a dû subir au court de cette enquête des pressions plus ou moins subtiles, fortes, répétées, ou suggérées… mais tout de même, comment cela peut-il être possible dans un « État de droit » que personne ne se soit posé les bonnes questions dès le départ.

Cette affaire est d’une très grande simplicité. Soit Kerviel a détourné de l’argent et c’est du vol, ce qui n’était pas le cas. Soit Kerviel a totalement perdu les pédales, mais dans ce cas, les procédures, les contrôles et sa hiérarchie veillent justement à ce que les « pétages de plombs » soient identifiés avant de faire trop de dégâts.

Mais la Société Générale n’était pas au courant...

Pas de doutes possibles, la culpabilité de la banque est évidente.

Le témoignage de la policière

« Chargé de ce dossier, le juge Roger Le Loire a auditionné début avril, selon le site Médiapart, la commandante de police Nathalie Le Roy, qui avait dirigé l’enquête sur les conditions de la perte de 4,9 milliards d’euros déclarée en janvier 2008 par la Société Générale.
«À l’occasion des différentes auditions et des différents documents que j’ai pu avoir entre les mains, j’ai eu le sentiment puis la certitude que la hiérarchie de Jérôme Kerviel ne pouvait ignorer les positions prises par ce dernier», a déclaré Mme Le Roy, selon Mediapart.
À l’appui de cette impression, l’enquêtrice, qui ne travaille plus aujourd’hui dans un service de police, a notamment évoqué le témoignage d’un ancien salarié de la banque.
Opérant au sein de l’entité «risques opérationnels», il a assuré à l’enquêtrice que «l’activité de Jérôme Kerviel était connue» et affirmé avoir alerté sa hiérarchie par le biais d’un message électronique «avec une tête de mort pour attirer leur attention».
«C’est un élément parmi d’autres», estime, au sujet du témoignage de Mme Le Roy, une source proche du dossier, qui souligne que la policière n’avait jamais fait état du moindre doute lors de l’enquête, notamment dans ses procès-verbaux de synthèse. »

Pourquoi ce témoignage arrive-t-il maintenant ?

Pourquoi brusquement donne-t-on crédit à ce témoignage qu'on a ignoré l’évidence depuis le début ?

Il nous faudra sans doute attendre la fin de l'histoire pour en savoir un peu plus.

Eric Wallez

Président du Club des Epargnants

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