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Le Club des Epargnants

R > C

7 Mai 2014 , Rédigé par Le Club des épargnants Publié dans #Actualités

R > C

R > C

Voilà la formule dont on ne peut se passer actuellement lors d’une soirée…

Quand le revenu du capital des rentiers, R, est supérieur à la croissance économique, C, alors il faut prendre l’argent des rentiers pour améliorer le monde.

Quelle est la définition de C ? De quel capital parlons-nous ?

Cette formule est au cœur de l’ouvrage de Thomas Piketty « Le capital au XXIème siècle ». Dans ce livre de près de 1000 pages, l’auteur examine des fournées de statistiques économiques issues d’une vingtaine de pays. Son but : comparer l’inégalité des revenus au fil du temps. Sa conclusion entre autres : affirmer que les 1% des plus riches américains deviennent de plus en plus riches, que cette richesse ne descend plus vers les plus démunis et que la croissance des inégalités viendra à bout de la démocratie.

C’est certainement vrai.

Nous sommes prêts à croire également qu’il nous propose une belle histoire que nous avions envie d’entendre.

L’idée principale de Thomas Piketty repose sur l’observation que les capitalistes ont gagné beaucoup d’argent lors des trente dernières années et que cette situation n’est plus tenable. Il pense que les inégalités présentent un réel problème. Pour y remédier, il nous faudra compter avec la sagesse des politiciens, des banquiers centraux et des économistes reconvertis.

Dans les années 70, l’économie américaine a été transportée par le crédit facile. Le système a permis à des quantités de gens qui n’en avaient les moyens d’acquérir des biens dont ils n’avaient pas nécessairement besoin.

Il ne s’agit pas de capital mais de crédit. Lorsque l’on est titulaire d’un crédit, on a donc une dette. Le R de notre formule représenterait alors le revenu de la dette investie.

D’où proviendrait ce capital investi ? Tout a baissé, les taux d’épargne, les salaires bien réels, la croissance, les revenus des classes moyennes.

Nous nous exaspérons de la politique conduite par la FED qui de QE en QE déverse des tombereaux de liquidités. Cette politique crée des bulles de marchés, favorise la classe qui détient les actifs, augmente sans limite la dette, laisse les gouvernements impuissants face à des budgets qui dérapent de plus en plus, finance des Léviathan immobiliers...

Thomas Piketty explique que l’économie de marché, face à elle-même, contribue naturellement à la redistribution des richesses. Ne contient-elle pas une menace latente pour la démocratie et la justice sociale ?

Les États actuels ne sont pas basés sur la « juste » justice sociale. Il se trouve dans les faits que certaines élites profitent des politiques de taux bas, des subventions, des prêts de courtoisie…

Les autorités ont aidé les riches à le devenir encore plus.

Jusqu’à ce que Lyndon Johnson fasse disparaître cette règle en 1968, la FED devait conserver 25 cents d’or pour chaque dollar mis en circulation. Richard Nixon, en 1971, a dénoncé le paiement aux étrangers de la dette US en or pour y substituer du billet vert. Quand Bill Clinton en 1992 relève le taux de l’impôt sur le revenu à 39.6 % pour les revenus supérieurs à 1 M $, les stocks options explosent. Alan Greenspan, en 2000 et auparavant en 1987, démontra que la FED n’autoriserait pas de contraction du crédit sérieuse. A partir de 2007, la FED sous la houlette de Ben Bernanke s’est engagé sur le chemin du crédit « no limit », convaincu alors par Milton Friedman que la Grande dépression était due à la réduction de la masse monétaire et au crédit mesuré.

Ces autorités ont donc perverti le capitalisme traditionnel en substituant la dette au vrai capital. Le capitalisme au sens strict se corrige de lui-même. Dès lors que les rendements proposés sont bons, les capitaux affluent. Quand trop de capitaux sont à investir, les bons investissements s’étiolent. Le R décroit naturellement. Notre route est jalonnée d’investisseurs plumés par de mauvaises idées ou de positions non adaptées.

Il est évalué que le lobbying financier auprès du Congrès américain représente environ 3 Mds de dollars. En janvier 2010 la Cour Suprême déplafonne les frais de campagnes électorales et valide l’anonymat des donateurs.

Thomas Piketty affirme à raison que les riches deviennent de plus en plus riches, même quand l’économie décroit, décroissance lente et progressive dans les faits depuis 40 ans.

A ce titre, l’économie se doit-elle de croître constamment ? Ne serait-il pas judicieux de poser les bases d’une décroissance maitrisée respectueuse de notre environnement et de nos ressources ? Et si nous redéfinissions le C de notre formule ?

Il nous semble que la réalité de la réflexion se porterait plutôt sur le fait de remplacer les théories néolibérales de l’école de Chicago par celles ordolibérales de l’Allemagne.

Dernier point relatif à l’étude des travaux antérieurs de Thomas Piketty : la baisse des inégalités en France résulte selon lui de la création de l’impôt sur le revenu et du fort accroissement de sa progressivité qui auraient entravé l’accumulation du patrimoine. C’est ainsi qu’il est défavorable aux baisses d’impôts depuis les années 1990 car elles seraient ainsi probablement à l’origine de la reconstitution des grandes fortunes rentières peu favorables à la dynamisation de l’économie et à la croissance. Il analyse que les pays anglo-saxons, après avoir connu la même baisse des inégalités que les pays européens, se sont engagés dans une dynamique de très fortes inégalités depuis 30 ans. Nous pensons voir un double effet pervers dans cette logique. Plus nous taxons les revenus et plus nous diminuons la capacité d’investissement de chacun, idée contraire à la notion de croissance portée par nos économistes. De plus, reprenons l’exemple de l’augmentation du taux de l’impôt sur le revenu effectuée sous le mandat Clinton qui a fait exploser l’usage des stock-options. Ne parlons même pas de l’existence des paradis fiscaux qui attirent sans cesse les plus fortunés d’entre nous qui souhaitent échapper à l’impôt.

Nous pensons, démonstration faite par le projet TAN porté par le Comité Bastille, projet auquel nous apportons tout notre soutien, que l’impôt sur le revenu est par nature un impôt pervers au même titre que l’impôt société.

Regardons plus proche de nous l’histoire de certaines de nos villes qui, dès lors qu’elles ont été décidées « zone franche » ont été le lieu d’une période économique prospère.

Il faut certes que l’impôt existe. Que certains d’entre nous décident d’entreprendre sera toujours une réalité et une ambition pour eux. Il faut donc les aider afin qu’ils réussissent. Ils créeront ainsi de la richesse, des emplois, des ressources à dépenser. Peut-être même de la croissance. Le seul impôt qui vaille est celui qui sera dû sur le patrimoine non productif ainsi constitué, où qu’il se situe.

Revenons à Thomas Piketty, pour lequel nous avons par ailleurs le plus grand respect, ce dernier serait maintenant favorable au fait de taxer le capital au niveau mondial. Comment ? Il faudrait convaincre les entreprises d’utiliser leurs excédents de profits pour investir ou augmenter les salaires…

Si la réponse économique découle d’une approche fiscale cohérente, nous vous invitons à comprendre notre projet TAN.

Eric Wallez

Président du Club des épargnants

Président régional Comité Bastille

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