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Le Club des Epargnants

Google

5 Mars 2014 , Rédigé par Le Club des Epargnants


Le Club des épargnants



L’action Google, au moment où j’écris ces lignes est à 1 214 $ ; à peu près à la même époque en 2009 elle valait 300 $.

C’est idiot de ne pas en avoir eu dans son portefeuille !


394 milliards $ de chiffre d’affaires, c’est la seconde capitalisation boursière au monde. Nous connaissons et utilisons tous ce moteur de recherche qui phagocyte  environ 90% du marché français.


Larry Page, le patron de Google a donné en 2012 tous pouvoirs  à Raymond Kurzweil pour bâtir l’empire de Google de demain. Notre ami Raymond, le génial Raymond, est donc à la tête, comme ingénieur en chef, de la Firme.


Depuis 2012, Raymond a acquis des entreprises qui travaillent : les nanotechnologies, la bio-ingénierie, l’informatique, la cognitique et l’intelligence artificielle – politique d’achat des entreprises les plus prometteuses.

Objectif : devenir d’ici 20 ans la plus grande entreprise mondiale de tous les temps tout en changeant le monde afin de nous faire accéder à l’ère post-humaine et de créer l’homme fusionné avec la machine. Dans la vision de Raymond et Larry, nous serons demain un androïde version cyborg estampillé Google.

Si nous vivons tous, 150, 200, 250 ans.

Comment nous loger sur Terre ? Qui devra-t-on sacrifier ?


Tout cela pose des réflexions purement éthiques. Changer l’homme. Transhumanisme avéré (voir article Wikipedia), pour Francis Fukuyama, c’est l’idée la plus dangereuse du monde. Cet intellectuel américain exprime ses inquiétudes face aux progrès des biotechnologies et de leurs applications sur l’être humain qui risquent d’avoir un impact d’une gravité sans précédents sur les systèmes politiques et sur nos sociétés.

Raymond Kurzweil est le gourou mondial du transhumanisme. Aucun Etat n’est en mesure d’arrêter la Firme.

Je vous encourage à lire l’excellent article, paru dans le JDD, de Laurent Alexandre sur le sujet : la stratégie Google.

La grande inquiétude est que cet immense projet est porté par une entreprise privé, sans concurrence actuelle, dotée d’une puissance financière sans équivalent et dont personne aujourd’hui ne peut contrôler l’éthique et les avancées.


Devons-nous toujours acheter des actions Google ?

Devons-nous toujours utiliser ce moteur de recherche ?

 Moi qui vous écris, je vais, dans quelques minutes vous adresser cet article via Blogger, le blog de Google. Notre Club changera d’application dès la prochaine fois. Face à cette ambiguïté, un ami récemment me soutenait que l’on pouvait critiquer la SNCF et continuer à voyager en train ; dans le cas précis, j’ai encore le choix du transport.


Google avait pris du retard sur le marché des données et des réseaux sociaux. Qu’à cela ne tienne, Google + est en passe de rattraper les Facebook et autre Twitter. Certains prétendent même que le moteur de recherche Google privilégierait Google +,  incroyable ! Pourquoi ne profiterait-il pas de cet univers 2.0 dans lequel l’humain est devenu un avatar qui ouvre sa vie aux autres, bien au-delà de ce qu’un service de police aurait pu espérer dans ses rêves les plus fous.

Ne devons-nous pas nous insurger, refuser ces algorithmes qui scannent en permanence notre vie, qui encerclent l’humain et l’entreprise, qui surveillent nos comportements ? 



Pour la première fois de l’histoire, nous vivons en même temps quatre révolutions technologiques : le numérique, les biotechnologies, la robotique et les nanotechnologies. L’extrême difficulté à les réguler pour qu’elles bénéficient à tous peut faire craindre qu’elles ne mettent en question les bases même de l’humanité.

La République ne s’impose pas d’elle-même, elle s’est installée historiquement par le combat, c’était alors une révolution d’un autre genre.

L’heure n’est-elle pas venue de la défendre et de bâtir un nouveau projet républicain qui propose, entre autres, de mettre ces fabuleuses avancées technologiques au service de tous les hommes et non de quelques-uns et de contrôler scrupuleusement ces « Firmes » planétaires.


L’Etat français réclamait récemment à Google, d’après le Canard enchaîné, 1 milliard d’euros d’impôts société « évaporés » par le montage dit du « double irlandais » et du « sandwich hollandais ». (http://www.challenges.fr/monde/20121031.FAP2815/double-irlandais-et-sandwich-hollandais-la-recette-de-google-pour-reduire-ses-impots.html). Google n’est pas au-dessus des lois, la Firme les utilise jusqu’à la corde, sans doute avec quelques faveurs du gouvernement américain.


Michel Rocard, en 2012, affirmait qu’il nous faudrait encore 15 ans pour qu’une nouvelle génération d’économistes nous débarrasse des disciples de Milton Friedman et de son modèle. Plus que 13 ans à tenir. Il sera peut-être un peu tard.


Reprenons le célèbre chapitre 17 (2ème section) du Léviathan de Hobbes (De l’Etat), intitulé « Des causes, de la génération et de la définition de l’Etat », « quand bien même un individu serait plus fort que les autres, les plus faibles pourraient s’associer entre eux pour le détruire (II, 17). Chaque individu décidera de passer un contrat avec chacun des autres individus afin d’abdiquer une part de leur pouvoir au profit d’une autorité commune, l’Etat. Seul ce dernier est capable de garantir à tous la préservation de leurs vies et de leurs biens ».



Je reste bien sûr ouvert à toutes remarques et échanges, tout en étant conscient que certains emprunts ont été sortis de leurs contextes.


Bien à vous tous.                                                                    



                                                                 Eric Wallez

                                                 Président du Club des épargnants

                                               Président régional du Comité Bastille



   

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